Le jeu excessif, c’est quoi ?
Les jeux d’argent sont d’abord un divertissement qui procure des sentiments et permet de se détendre. Cependant, dans certaines situations, ils sont aussi source de difficultés importantes et peuvent déboucher sur des situations de dépendance. Cela concerne un nombre important de joueurs et encore davantage de personnes de leur entourage. Les problèmes financiers, so-ciaux et de santé occasionnés par une pratique excessive induisent des situations très difficiles aux conséquences dommageables. Ce phénomène reste cependant très mal connu dans la société en général. Chez les professionnels de la santé, des compétences se sont progressive-ment développées, mais elles restent encore majoritairement circonscrites aux spécialistes des addictions. Actuellement, on estime que moins de 2% des joueurs pathologiques ont accès à une offre de traitement. Malgré les conséquences importantes des problématiques de jeu ex-cessif, 5 ans en moyenne s’écoulent entre les premières difficultés rencontrées et la première demande d’aide.
Le jeu excessif en Suisse
En Suisse, l’ampleur du phénomène a été mesurée en 1998 et 2005 (Bondolfi, Osiek). Les chif-fres restent stables, malgré l’augmentation de l’offre de jeu. Ils démontrent cependant l’installation de cette problématique en Suisse.
| 1998 | 2005 | |
| Joueurs occasionnels | 97.03% | 96.68 % |
| Joueurs à risque | 2.18 % | 2.18 % |
| Joueurs excessifs | 0.79 % | 1.14 % |
Les joueurs excessifs et « à risque » ont les caractéristiques suivantes :
- Hommes : Proportion d’hommes plus forte (73% vs. 49%)
- Célibataires : 48 vs. 30% sont célibataires ; 37% vs. 55% sont mariés
- « Jeunes » : 43% ont moins de 29 ans vs. 20% ; 12% ont plus de 50 ans vs. 35%
- Salariés : 76% sont salariés vs. 55%
- Travail à plein temps : 79% vs. 52%
Impact social des problèmes de jeu
Le jeu excessif, identifié comme un problème de santé publique depuis une vingtaine d’années, est un phénomène connu au niveau international. Les connaissances actuelles montrent un faisceau de conséquences dommageables à la fois chez les joueurs (endettement, chômage, exclusion, souffrance, suicide), leurs proches (divorces, violences) et pour la société en général (absentéisme, actes délictueux).
Conséquences et phénomènes concomitants de la pathologie du jeu en Suisse
| Données extraites à partir de joueurs en consultation en Suisse en 2003 | ||
| Endettement | 92% | Sont endettés, la plupart du temps auprès de plusieurs créanciers (par-tenaire, parents, connaissances, sociétés de crédit, collègues de travail, etc.). |
| 40% | Font actuellement ou ont fait l’objet de poursuites, ou d’une saisie sur leur salaire. | |
| 17% | Se sont mis en faillite personnelle. | |
| Divortialité | 25% | Près d’un quart des joueurs qui consultent sont divorcés ou séparés, contre 7% dans l’ensemble de la population (à partir de 18 ans). |
| 50% | Chez près de la moitié d’entre eux, le jeu est (en partie) à l’origine de la séparation ou du divorce. Il ressort des entretiens menés avec les ex-perts que l’implication des proches ou des conjoints joue un rôle très important dans le succès de la thérapie. | |
| Chômage | 18% | En moyenne 18 % des joueurs qui consultent sont au chômage. Cette proportion est beaucoup plus élevée que dans l’ensemble de la popula-tion. |
| 93% | Dans 93 % des cas, le jeu est à l’origine (parfois en conjonction avec d’autres facteurs) de la perte d’emploi. Les problèmes qui se posent sur le lieu de travail sont dus, en particulier, au manque de sommeil, à l’absentéisme et à une possible délinquance. | |

Programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu